la grotte de Montjaux

Picture3.png

Au-dessus des falaises de Montjaux, surplombant une large bande de la vallée de l’Orb, se dresse un ossuaire ; une grotte d’où les ossements de nos ancêtres de l’âge du Bronze veillent sur leurs descendants et leur terre depuis plus de 4 000 ans.


Ici reposent les ossements de plus de soixante individus qui, compte tenu de la faible densité de la population à l’époque, sont susceptibles de représenter plusieurs générations d’individus. Il ne s’agit pas de squelettes complets mais plutôt d’assortiments d’os soigneusement disposés avec les crânes regroupés en collections sur le côté de la grotte et les autres ossements déposés au centre.


Il est possible que les hommes de l’époque aient pratiqué l’excarnation, une pratique funéraire où les corps sont laissés à l’abandon afin que la chair soit dévorée par les animaux sauvages. Il est facile de s’imaginer des rapaces, tels que des vautours ou des aigles, virevoltant au-dessus de Montjaux à la recherche d’un repas facilement accessible. Bien sûr, il existe d’autres possibilités. Il est possible que les corps aient été décharnés par des membres de la communauté ou aient été enterrés afin d’accélérer la décomposition des corps pour ensuite être exhumés et placés dans le même espace que leurs ancêtres. La présence de marques, de coupures ou de dents sur les os auraient pu nous aider mais malheureusement les fouilles ont été entreprises dans les années 1930, et de telles preuves, si elles n’ont jamais existé, n’ont pas été enregistrées.



Les fouilles ont été entreprises à partir d’octobre 1934 puis durant la majeure partie de 1935 par le Dr. Jules Brunel et d’autres. C’était un archéologue amateur qui appliquait strictement les règles données par le Manuel de recherches préhistoriques.


Il raconte comment un ami avait remarqué un petit trou emprunté par les renards et les blaireaux. Ils ont dégagé les abords et l’ont ouvert pour révéler un mur de pierres sèches. Ils l’ont démantelé et ont découvert la grotte.


Leur première découverte près de l’entrée fut celui d’un squelette de ce que l’on pensait être une jeune femme et près d’elle furent trouvé un des deux anneaux et un bracelet en bronze qui étaient « très beaux… d’un travail très soigné avec une très belle patine vert pomme ».




Compte tenu de l’emplacement des restes humains, elle doit avoir été l’une des dernières personnes à y avoir été enterrée.


L’entrée était une antichambre qui, une fois fouillée, mesurait 1,3 m de large sur 2,1 m de long et 1,5 m de haut. Cette entrée conduisait à deux grottes plus grandes ; celle de gauche étant la plus grande (1,5 m de large, 12 m de long et 2,1 m de haut) et celle de droite beaucoup plus petite (2 m de large sur 2,3 m de long et 1,5 m de haut).


Ils ont trouvé certains des ossements dans la plus petite grotte mais la plupart se trouvaient à gauche, dans la plus grande grotte. Partout sur le site se trouvaient de nombreuses pièces de poterie ainsi qu’une pointe de lance en silex taillée et une pierre de forme sphérique de 10 cm de diamètre. Ils ont suggéré qu’il s’agissait d’un percuteur pour la fabrication d’outils en silex.


On pensait que l’une des pièces de poterie était destinée à la fabrication de fromage car cette pièce en forme de coupe avait une base perforée.



Une autre pièce de poterie faisait partie de ce qui était probablement un récipient de stockage. Celui-ci contenait une pâte noire qui, de nos jours, pouvait être analysée pour déterminer ce que le navire avait contenu mais à l’époque de l’excavation, la technologie n’existait pas encore pour cela.



Les ossements ont été décrits comme étant très dégradés et il a été déterminé que seuls quatre crânes étaient aptes à l’étude, bien qu’ils aient été « dépouillés de leur mâchoire inférieure ». On les envoya au Musée National d’Histoire Naturelle de Paris. Ce qu’il est advenu de ces crânes et des autres ossements n’est pas connu de votre journaliste.


Ce qu’il est advenu des autres objets découverts n’est pas non plus connu. Peut-être sont-ils au musée de Lodève ? C’est quelque chose que nous devrons suivre.


L’objet qu’il semble avoir trouvé le plus intéressant était un croissant d’os fossilisé mesurant 12,5 cm d’un bout à l’autre. Il a interprété cela comme ayant une signification religieuse et puisque cet os ressemblait à une corne de taureau, il émit l’hypothèse qu’il était lié à la religion des civilisations Crétoise et Mycénienne.



Quel âge avaient précisément ces sépultures ? Le Dr. Brunel était certain qu’ils étaient antérieurs aux Romains puisqu’il n’y avait pas d’objets en fer ou d’artefacts romains et que la poterie n’était pas modelée ou émaillée.


Comme mentionné ci-dessus, deux anneaux de bronze ont été trouvés ; l’un a été trouvé à l’entrée de la grotte mais l’autre fut trouvé tout au fond, au niveau le plus bas de l’excavation. Ainsi, toutes les sépultures doivent avoir eu lieu à l’âge du Bronze, de 2800 à 800 av. Jésus-Christ.


La description de la poterie suggère qu’elle fut toutefois créée plus tôt. Si seulement certains des ossements pouvaient être localisés, leur âge pourrait être déterminé avec une datation au carbone 14 !


http://www.amisdelunas.fr/prehistoire/prehistoire-montjaux.htm https://www.persee.fr/doc/bspf_0249-7638_1936_num_33_5_4471

auteur:

LeKiwi